--Bravo! voilà ce qu'il fallait! s'écrie M. Legros qui revient enchanté d'une visite qu'il a été faire aux abatis, sur la route de Velizy. Voilà ce qui s'appelle donner du fil à retordre à messieurs les Allemands! S'ils ont jamais envie de venir à Versailles, ils n'y entreront pas facilement.
--A moins, dit mon père, qu'ils ne fassent ce que vous avez fait pour revenir de votre promenade: qu'ils n'enjambent les arbres et qu'ils ne sautent les tranchées.
--Ou à moins, plutôt, dit le père Merlin, qu'ils ne vous prient de combler très proprement vos petits fossés et qu'ils ne vous engagent à ranger convenablement le long des talus, en attendant qu'ils s'en servent pour se chauffer, les arbres que vous avez si gentiment abattus.
--Ah! nom d'un petit bonhomme! je voudrais bien voir ça!... D'abord, vous, monsieur Merlin, vous n'êtes pas un patriote.
--Vous croyez?
--Oui.
--Et pourquoi ça?
--Parce que vous avez déclaré que le gouvernement agissait en sauvage en décrétant la destruction par le feu des bâtiments qui gênent la défense et des approvisionnements qui pourraient tomber entre les mains de l'ennemi.
--J'ai dit ça, c'est vrai. Et j'ai même ajouté que les Prussiens, qui ont leurs derrières assurés, trouveraient où ils voudraient les ressources qui leur sont nécessaires. Ces destructions étaient donc parfaitement inutiles.