Prestement, le général est descendu et s'est avancé vers le capitaine. Nous l'avons vu. Nous avons vu sa belle barbe poivre et sel, ses bottes à éperons énormes et son képi à la Saumur, qui dissimule mal une coiffure de garçon boucher.

Après les compliments d'usage, il s'est décidé à passer devant les rangs. Notre uniforme, qu'il n'a jamais vu, paraît l'étonner fortement.

—Et de quelle couleur sont leurs képis? demande-t-il au capitaine, intrigué qu'il est par la forme étrange de nos coiffures dont la nuance est cachée par nos couvre-nuques blancs.

—Il sont gris, mon général, comme leurs pantalons et leurs capotes.

—Pas possible! Alors, ils ne sont pas rouges?

—Non, mon général.

—Quelle naïveté! dis-je à mon voisin de droite, cet imbécile de Lecreux.

—Ça échappe à tout le monde, ces choses-là, me répond-il tout bas. Ça ne l'empêche pas d'être très fort—oui, très fort.

C'est possible. D'ailleurs, ça m'est égal. Mon enthousiasme n'a pas l'habitude de s'enflammer, pour éclater de tous les côtés, comme une chandelle romaine, à la moindre étincelle.

—Mettez sac à terre, vous, et installez rapidement.