—Il y a deux heures que je te cherche. Qu'est-ce que tu fais? Tu lis? Qu'est-ce que tu lis?

— Je lis le Code!

À quoi bon nier? Le livre est là, grand ouvert sur la table, témoin muet, mais irrécusable, de ma curiosité perverse. Mon grand-père sourit.

— Tu lis le Code! Ça t'amuse, de lire le Code? Ça t'intéresse?

Je fais un geste vague. Ça ne m'amuse pas, certainement: mais ça m'intéresserait sans aucun doute, si l'on me laissait continuer. Telle est, du moins, mon opinion. Opinion sans valeur, mon grand- père me le démontre immédiatement.

— Pour lire le Code, mon ami, il ne suffit pas de savoir lire; il faut savoir lire le Code. Ce qu il faut lire, dans ce livre-là, ce n'est pas le noir, l'imprimé; c'est le blanc, c'est ça…

Et il pose son doigt sur la marge.

Très vexé, je ferme brusquement le volume. Mon grand-père sourit encore.

— il faut avoir des égards pour ce livre, mon enfant. Il est respectable. Dans cinquante ans, c'est tout ce qui restera de la Société.

Bon, bon. Nous verrons ça.