XVIII — COMBINAISONS MACHIAVÉLIQUES ET LEURS RÉSULTATS

En m'apercevant, Barzot ne peut réprimer un mouvement de surprise.

— Êtes-vous bien sûr, Monsieur, me demande-t-il d'une voix tranchante, de porter le nom qui est inscrit sur cette carte?

— Parfaitement sûr, dis-je sans m'émouvoir car je savais bien qu'il me reconnaîtrait du premier coup et je m'amuse énormément, en mon for intérieur, de la situation ridicule dans laquelle va se trouver ce magistrat impuissant devant un voleur. Parfaitement sûr.

— Je connais beaucoup un M. Randal…

— M. Urbain Randal? C'est mon oncle. Je sais en effet, Monsieur, qu'il a l'honneur d'être de vos amis. Si j'avais eu plus de goût pour la campagne, j'aurais profité plus souvent de l'hospitalité qu'il m'offrait dans sa villa de Maisons-Laffitte et j'aurais eu certainement l'occasion d'y faire votre connaissance plus tôt.

— Veuillez m'excuser, dit Barzot en m'engageant à prendre un siège et en s'asseyant dans un fauteuil, je… vous offrez une ressemblance frappante avec une personne…

— Une personne que vous avez remarquée, hier, dans le train qui vous amenait de Paris? C'est encore moi. Vous ne vous trompez pas.

— Alors!… dit Barzot en se levant et en faisant un pas vers un timbre…

Je le laisse faire. Je sais très bien qu'il ne sonnera pas. Et il ne sonne pas, en effet. Il se tourne vers moi, l'air furieux, mais anxieux surtout.