Je suis sauvé! Le quai, un lacis de petites ruelles, à droite, et une place où je pourrai trouver une voiture. Je suis sauvé…

Non! L'homme au pardessus couleur muraille s'est mis à courir derrière moi. Je suis éreinté, à bout de souffle. Il m'atteint, il est sur moi. J'ai juste le temps de me retourner…

— N'ayez pas peur! dit-il. Et venez vite, vite!

Il me prend par le bras, m'entraîne. Nous descendons la rue à toute vitesse.

— Ici!

Il a ouvert la porte d'une maison, me pousse dans le corridor obscur, referme la porte sans bruit.

— Au voleur! Au voleur! Arrêtez-le!… Par ici!… Par là!… Au voleur!…

La meute continue la poursuite, vient de s'engager dans la rue, passe devant la maison en hurlant; les grosses bottes de la police, à présent, sonnent sur le pavé. Puis, le bruit diminue, s'éteint. Nous restons muets, sans bouger, dans les ténèbres, l'homme au pardessus couleur muraille et moi.

— Suivez-moi, dit-il en frottant une allumette; tenez, voici l'escalier.

Nous montons. Un étage. Deux étages.