— Rien!

— Alors, quoi! décampons. Assez de grappillages. C'est le moment de réunir nos petites économies en passant devant le notaire, puis devant le curé. Et bonsoir, Monsieur le comte de Kehlmark.

— Jamais! fit-elle avec une énergie farouche, songeant aux deux autres, le regard fixe, loin de son interlocuteur.

— Ah çà! qu'est-ce qui te prend? Et notre pacte, qu'en fais-tu? Je te veux pour légitime. Tu as des sous. Il me les faut. Ou préfères-tu que je dévoile à Balthus Bomberg et à Claudie Govaertz les chastes mystères de l'Escal-Vigor?

— Tu n'en feras rien, Landrillon.

— C'est ce que nous verrons!

— Une proposition, dit-elle, je te donnerai l'argent; je te donnerai tout ce que je possède, mais laisse-moi vivre ici et cherche une autre femme.

— L'aimerais-tu donc encore, ton bougre? s'exclama le drôle. Tant pis. Il faut te résoudre à le quitter et à devenir madame Landrillon. Pas de bêtises. Tu as deux mois pour réfléchir et marcher…

Abandonner l'Escal-Vigor! Ne plus voir Kehlmark!

La fatalité voulut qu'au comble de l'angoisse, la malheureuse rencontrât Henry de Kehlmark et que celui-ci, provoqué par son visage bouleversé, la prît de nouveau à partie: