— Tu ne prétends pas que le mari soit de connivence avec la femme: ils se détestent trop pour cela.

— Peuh! L'intérêt les rapproche…

— Voilà donc leur débâcle doublement conjurée. Car, vous n'ignorez pas, je suppose, que le papa Dobouziez vend sa part dans l'exploitation de la fabrique et jusqu'à sa maison… Hé, Tolmoch, combien font les métalliques?

— Que cornez-vous là? Le père Dobouziez, ce rigide matois, ce «tirez-vous de là comme vous pourrez!» se sacrifier pour un autre! pour un Béjard!

— Ah ça, vous tombez donc tous de la lune… On ne parle que de cette liquidation depuis ce matin, sur le tramway, au port, dans les bureaux…

— Daelmans-Deynze devient propriétaire de l'usine. Le père Saint- Fardier aussi abandonne la fabrication des bougies. Il lâche le beau-père pour commanditer le gendre. Saint-Fardier remplacera Dupoissy, qui manquait de poigne, au bureau des enrôlements pour l'Amérique et c'est lui qui s'occupera de l'emménagement des navires. Il y a des milliers et des milliers de francs à gagner. On annonce le prochain départ de la Gina avec une cargaison de cinq cents têtes.

— Au lieu de bois d'ébène voilà que Béjard se met à vendre de l'ivoire! conclut finement De Zater.

— À propos, De Maes, je vous prends vos consolidés à terme…

— Dobouziez consent à rester comme directeur aux appointements d'un ministre, m'affirmait à l'instant le caissier de la fabrique.

— Deux mots, monsieur de Zater, au sujet des huiles: faut-il acheter ou vendre?