I
Pour corbillard, je veux un très doré carrosse
conduit par un berger Watteau des plus coquets,
et que traînent, au lieu d’une poussive rosse,
dix cochons peints en vert comme des perroquets;
Celle que j’aimai seul, ma négresse ingénue
qui mange des poulets et des lapins vivants,
derrière le cercueil, marchera toute nue
et ses cheveux huilés parfumeront les vents;
les croque-morts seront vêtus de laticlaves
jaunes serin, coiffés d’un immense kolbach
et trois mille zeibecks pris entre mes esclaves
suivront le char jouant des polkas d’Offenbach;
vous, sur des hircocerfs, des zèbres, des girafes
juchés et clamitant des vers facétieux,
vous cavalcaderez munis de deux carafes
d’onyx pour recueillir le pipi de vos yeux,
tandis que méprisant ta faune, ô Lacépède,
drapé dans une peau de caméléopard
mon vieux compaing Deibler, sur un vélocipède,
braillera la Revue et le Chant du Départ!
I
Dans un temple phallique atramenté de moire,
MONSIEUR DOCRE, chanoine et prêtre habituel
des Sabbats, voudra bien chanter la MESSE NOIRE
évoquant Belphégor d’après son rituel.
I
Ce gâteau de Savoie ayant Hugo pour fève,
le Panthéon classique est un morne tombeau;
pour moi j’aimerais mieux (que le Dyable m’enlève!)
le gésier d’un vautour ou celui d’un corbeau!
Puisque j’ai convomi la société fausse
où les fiers et les forts ne sont que réprouvés,
Monsieur le fossoyeur, vous creuserez ma fosse
parmi les assassins, dans le Champ-des-Navets!