I

Or des Pierrots,
de blancs Pierrots, de doux Pierrots
blancs comme des poiriers en fleurs,
comme la fleur
des pâles nymphéas sur l’eau,
comme l’écorce des bouleaux,
comme le cygne, oiseau des eaux,
comme les os
d’un vieux squelette,
blancs comme un blanc papier de riz,
blancs comme un blanc Mois-de-Marie
de doux Pierrots, de blancs Pierrots
dansent le falot boléro,
la fanfulla, la bamboula,
éperdument au son de la
maigre guzla,
autour de la
Négresse blonde.

I

Parfois un Pierrot tombe, alors,
brandissant un scalpel en or
et riant un rire sonore,
un triomphant rire d’enfant,
vainqueur, moqueur et triomphant,
en grinçant, la négresse fend
la poitrine de l’enfant blême
et puis scalpe l’enfant blême,
et, de ses dents que le bétel,
teint en ébène, bien vite elle
mange le cœur et la cervelle,
sans poivre, ni sel!
Ah! buvant—suave liqueur!—
le sang tout chaud, cervelle et cœur,
elle dévore tout, et moi,
Négresse, je t’apporte ici
mon cœur et ma cervelle aussi,
mon foie itou,
et bâfre tout,
trou laï tou!
car sans mentir, j’ai proclamé
que dans ce monde,
laid, sublunaire et terraqué
et détraqué,
pour qui n’est pas un paltoquet
comme Floquet[B]
seule fut digne d’être aimée,
la blonde Négresse, la Négresse blonde!...