Il faut en essayer plus de trente
Avant d’en trouver un bon[518].
[518] Claude Mermet (XVIe siècle).
Le Cantaloup est le meilleur des Melons. Il serait venu d’Arménie dans le XVe siècle, apporté par les missionnaires et élevé d’abord à Cantalupi, maison de plaisance des Papes, à sept lieues de Rome, d’où il s’est répandu dans les autres pays d’Europe en retenant le nom du lieu où les papes l’avaient fait cultiver. L’introduction en France du Cantaloup, plus sucré, plus fin que le Melon brodé, ne remonte pas au-delà du milieu du XVIIIe siècle. De Combles, dans son Ecole du Potager (1749) nous semble avoir parlé le premier du Melon de Florence ou Cantalupi. Les Hollandais l’ont cultivé plus anciennement[519].
[519] Lacourt, Les Agréments de la Campagne, (1752) tome III, p. 181.
Le catalogue d’Andrieux-Vilmorin pour 1778 note déjà plusieurs sous-variétés de cette race. C’est Fournier, le premier maraîcher qui, vers 1780, a fait usage des châssis dans sa culture, qui a introduit quelques années après le Cantaloup dans la culture maraîchère[520].
[520] Moreau et Daverne, Traité, p. 4.
L’ancien Cantaloup a été perfectionné sans cesse par les maraîchers parisiens. Le Melon actuel est plus lourd, plus plein, l’écorce est mince et lisse, les côtes peu marquées, tandis que le Cantaloup d’autrefois montrait une écorce épaisse, verruqueuse ou galeuse avec des côtes très saillantes. Etait-ce un Cantaloup auquel Bernardin de Saint-Pierre faisait allusion, lorsqu’il nous apprend si naïvement dans ses Etudes de la Nature, que le Melon est un fruit « destiné à être mangé en famille », la nature l’ayant elle-même partagé en tranches ?
Deux sous-variétés de Cantaloup paraissent actuellement beaucoup cultivées : le noir des Carmes et le Prescott à fond blanc. Le Cantaloup noir des Carmes a été cultivé d’abord au Potager de Versailles, puis propagé vers la fin du XVIIIe siècle par M. Béville, amateur de jardinage. Le C. Prescott doit son nom à un jardinier anglais nommé Prescott qui l’apporta à Paris vers 1800.
La culture maraîchère du Melon est importante en France. Les mauvais Melons sont devenus rares et les prix abordables. Nous avons constaté, d’après d’anciennes mercuriales des Halles de Paris, que vers 1830 un beau Melon ne se vendait pas moins de 4, 6, et 8 francs, même dans la saison d’abondance. Ces prix ont considérablement diminué depuis que la facilité des communications permet l’apport des Melons cultivés en grand et en pleine terre dans l’Anjou, l’Angoumois, la Normandie et surtout la Provence. Cavaillon, dans le Comtat, est à citer comme un des principaux centres de production.