Selon Alph. de Candolle, le Cerfeuil paraît indigène dans le Sud-Est de la Russie et dans l’Asie méridionale tempérée. Des botanistes l’ont rencontré spontané en Crimée, au midi du Caucase, dans les montagnes septentrionales de la Perse.
L’espèce a dû se propager d’Orient dans le monde gréco-romain pendant les trois siècles qui ont précédé l’ère actuelle[530].
[530] Origine des pl. cultivées, 4e éd. p. 72.
Les Anciens ont employé le Cerfeuil comme plante condimentaire, mais il n’a dû acquérir une véritable importance culinaire qu’à partir du moyen âge. Pline et Palladius connaissaient le Cærefolium, herbe, dit le premier auteur, que les Grecs appellent Pœderos et que l’on mange cuite comme les autres légumes[531]. Columelle a grécisé le nom de la plante en Chærophyllum, mot conservé par les botanistes pour désigner le Cerfeuil bulbeux.
[531] Pline, l. XIX, 54. — Palladius, l. III, 24.
Le Cerefolium latin est la source du mot français Cerfeuil et du nom de cette plante dans la plupart des langues européennes : italien, Cerefoglio ; anglais, Chervil ; allemand, Korffol ; flamand, Kervell, etc.
Au XIIe siècle, le Glossaire de Tours donne les synonymes suivants : « Cerfolium, Sermenna, en langue romane : Cerfoiz. » Quelques livres de recettes médicales du XIIIe siècle orthographient cierfuel, cierfieul, li cierfieus[532]. Au XVIe siècle, on rencontre les formes cherfeult, cerfueil, serfueil, etc.
[532] Bibl. nat. Ms. f. fr. no 2039 et Romania, t. XVIII, p. 573.
CRESSON ALÉNOIS
(Lepidium sativum L.)