On doit remarquer qu'il est présumable que la plus grande partie de ces acquisitions a dû être payée en assignats, qui, à cette époque, perdaient déjà de leur valeur et dont, par conséquent, la valeur nominale était supérieure à leur valeur réelle en argent, d'où il résulterait que le prix réel en argent des immeubles ci-dessus indiqués aurait été inférieur à 84.960 livres.
Depuis cette dernière acquisition du 8 novembre 1791 jusqu'à sa mort, Danton ne fit plus aucune acquisition importante. Il acheta successivement en 1792 et 1793 un nombre assez considérable de parcelles très peu étendues et dont nous croyons inutile de donner ici le détail qui, par sa longueur et par le peu d'importance de chaque article, deviendrait fastidieux (nous pourrions le fournir s'il en était besoin). Il fit aussi des échanges. Nous pensons qu'il suffit de dire que, en ajoutant ces parcelles à ce que Danton avait acheté en 1791, on trouve que les immeubles qui, au moment de sa mort, dépendaient tant de sa succession que de celle de notre mère, et qui nous sont parvenus, se composaient de ce qui suit, savoir:
1° De la ferme de Nuisement (vendue par nous le 23 juillet 1813);
2° De sa modeste et vieille maison d'Arcis, avec sa dépendance, le tout contenant non plus 9 arpents, 3 denrées, 14 carreaux (ou bien 4 hectares, 23 ares, 24 centiares) seulement, comme au 13 avril 1791, époque où il en fit l'acquisition de mademoiselle Piot, mais par suite des additions qu'il y avait faites, 17 arpents, 3 denrées, 52 carreaux (ou bien 786 ares, 23);
3° De 19 arpents, 7 denrées, 41 carreaux (808 ares, 06) de pré et saussaie;
4° De 8 arpents, 1 denrée, 57 carreaux (369 ares, 96) de bois;
5° De 2 denrées, 40 carreaux (14 ares, 07) de terre située dans l'enceinte d'Arcis.
Nous déclarons à qui voudra l'entendre et au besoin nous déclarons sous la foi du serment, que nous n'avons recueilli de la succession de Georges-Jacques Danton, notre père, et d'Antoinette-Gabrielle Charpentier, notre mère, rien, absolument rien autre chose que les immeubles dont nous venons de donner l'état, que quelques portraits de famille et le buste en plâtre de notre mère, lesquels, longtemps après la mort de notre second tuteur, nous furent remis par son épouse, et que quelques effets mobiliers qui ne méritent pas qu'on en fasse l'énumération ni la description; mais que nous n'en avons recueilli aucune somme d'argent, aucune créance, en un mot rien de ce qu'on appelle valeurs mobilières, à l'exception pourtant d'une rente de 100 francs 5 p. 100 dont MM. Defrance et Détape, receveurs de rentes à Paris, rue Chabannais, n° 6, ont opéré la vente pour nous le 18 juin 1825, rente qui avait été achetée pour nous par l'un de nos tuteurs.
Nous n'avons recueilli que cela de la succession de notre père et de notre mère; il est donc évident qu'ils ne possédaient rien autre chose, ni dans le département de l'Aube, ni ailleurs.
Si nous possédons aujourd'hui quelques immeubles qui ne fassent pas partie de l'état qui précède, c'est que nous les avons achetés ou bien que nous les avons eus en partage de la succession de Jeanne-Madeleine Camut, notre grand'mère, décédée à Arcis au mois d'octobre 1813, veuve en premières noces de Jacques Danton, notre grand-père, et, en secondes noces de Jean Recordain, qu'elle avait épousé en 1770. Les livres de l'enregistrement et les matrices cadastrales peuvent fournir la preuve de ce que nous venons d'avancer.