—Malheureusement, répondit-il, c'est quand elle est nouvelle et absolument obscure; lorsqu'elle est pleine, elle se trouve de l'autre côté du soleil, c'est-à-dire à plus de soixante millions de lieues au lieu de dix. C'est même là une des causes des difficultés que l'on éprouve à étudier la géographie de ce monde, car lorsqu'il est le plus près de nous, on n'en voit qu'une infime partie.

—Je sais, quant à moi, déclara Gontran sérieusement, que mon illustre homonyme n'a pu, jusqu'à présent, distinguer nettement les taches signalées par certains astronomes sur le disque de Vénus.

—Bravo! lui cria à l'oreille Fricoulet, véritablement émerveillé de l'aplomb de son ami.

Continents célestes... page 163, lui riposta, sur le même ton, M. de Flammermont.

—Vous dites? demanda, en se retournant brusquement, le vieillard qui avait déjà ressaisi sa lunette.

Ce fut l'ingénieur qui prit la parole.

—Gontran, répondit-il, était en train de me donner de très intéressants détails sur les travaux auxquels se sont déjà livrés Bianchini, Cassini, Denning...

—C'est Bianchini qui a le mieux réussi; car il est parvenu à dresser un rudiment de carte portant trois mers dans la région équatoriale et une dans chaque région polaire; cette carte signale également des continents, des promontoires, des détroits...

—Mais, dit Fricoulet, c'est en 1726 que Bianchini dressa cette carte, et depuis cette époque, on a dû la compléter et la modifier sensiblement.