—Erreur absolue, mon cher monsieur, répliqua le vieux savant, non seulement cette carte n'a pas été modifiée, mais ses indications, malgré les progrès de l'optique, n'ont même pas été vérifiées.

—Mais pour faire à cette époque des études que personne, après lui, n'a pu contrôler, Bianchini avait donc des instruments merveilleux, demanda Farenheit.

—C'est surtout à la pureté du beau ciel d'Italie que Bianchini doit les découvertes qu'il a faites.

—Ou cru faire... observa Gontran.

Le vieillard tressaillit.

—Vous dites?... fit-il d'une voix émue.

—Je dis: ou qu'il a cru faire; car, pour que mon illustre homonyme n'ait pu distinguer nettement ces taches...

Errare humanum est, déclara sentencieusement Ossipoff; toujours est-il que si Bianchini a été le jouet d'une illusion d'optique, Cassini, Webb, Denning et d'autres encore se sont trompés également, car ces taches: océans, continents et promontoires, eux les ont vues aussi.

Il avait prononcé ces paroles d'un ton vibrant, un peu agressif, si bien que M. de Flammermont répliqua sèchement: