L'ingénieur ne l'entendit pas; penché sur le bordage, à l'arrière du bâtiment, il examinait avec attention une sorte de tambour ouvert sur les trois huitièmes de sa circonférence et dans lequel se trouvait enfermée une roue à palettes d'environ un mètre de diamètre.

—Eh! j'y suis! s'exclama-t-il enfin.

—Qu'arrive-t-il donc? demanda Gontran qui était venu le rejoindre.

—Cette cage que nous avons vue dans l'intérieur du bateau...

—Eh bien?...

—Les formes, que nous y avons distinguées vaguement attelées après une roue, devaient certainement mettre en mouvement ce propulseur rudimentaire... en vérité, c'est fort ingénieux...

M. de Flammermont demeura pensif quelques instants; puis, enfin:

—À ton avis, dit-il, dans quel but ces gens ont-ils ainsi un double moyen de navigation?

—Sans doute, répliqua Fricoulet, afin d'éviter les effets désastreux des tempêtes si fréquentes et si terribles dont nous avons eu un échantillon il y a quelques heures à peine; comment veux-tu que de semblables embarcations puissent lutter contre des éléments déchaînés à ce point? je ne sais même pas si, dans notre monde, nos grands transatlantiques seraient capables de résister. Quand il fait beau, ils naviguent à ciel ouvert, en se servant de la voile, comme en ce moment; un orage survient-il, ils plongent pour chercher au-dessous des flots agités, à une faible profondeur, un élément tranquille au milieu duquel ils continuent paisiblement leur voyage, à l'aide de leur propulseur.

—Ils s'enfoncent... ils s'enfoncent, grommela Gontran, c'est fort joli à dire mais par quel moyen?