—Je ne puis rien affirmer, mais le système le plus simple serait, assurément, de remplir d'eau des réservoirs.
Gontran eut un hochement de tête.
—Qu'as-tu donc? demanda Fricoulet surpris.
—J'ai que les Continents célestes m'ont induit en erreur, car, du diable si je m'attendais à rencontrer sur Vénus une humanité plus avancée que la nôtre.
L'ingénieur interrogea son ami d'un haussement de sourcils.
—Dame! répliqua le jeune comte, sur Terre, les bateaux sous-marins ne sont pas chose commune!
—Assurément, mais tu serais dans la plus complète erreur si tu en concluais quoi que ce fût relativement au degré de civilisation de Vénus!... Quant à moi, je suppose que les habitants de ce monde-ci, en dépit des bateaux sous-marins qui te surprennent tant, sont à peine à l'âge de bronze; toutes leurs constructions sont métalliques et s'ils sont bons fondeurs, ils sont mauvais navigateurs et mauvais mécaniciens, leur propulseur ne vaut pas l'hélice, quant à leur moteur—ce moteur humain—il est de la dernière insuffisance.
Pendant que Fricoulet et Gontran causaient ainsi, adossés au bordage, humant avec délice la brise marine, Mickhaïl Ossipoff et le Vénusien faisaient tous leurs efforts pour parvenir à se comprendre.
Tout d'abord, l'indigène avait étalé, devant lui, une carte dessinée en traits rouges sur un carré d'étoffe jaunâtre, et le vieux savant n'avait pas tardé à identifier les taches aperçues télescopiquement par l'astronome Bianchini avec celles que lui mettait sous les yeux cette représentation grossière de la mappemonde vénusienne. Soudain, il ne put retenir une exclamation joyeuse, et mettant son doigt sur certains caractères bizarres tracés sur la carte:
—Vellina! dit-il en examinant curieusement le visage du Vénusien.