Ayant à peu près la structure humaine, mais de dimensions moindres, ces êtres étaient complètement nus; leur corps recouvert d'une sorte de poil dru et luisant comme celui du phoque, était supporté par deux jambes courtes que terminaient des pieds larges, plats et palmés, à la façon des pattes de canards; au sommet du buste s'emmanchaient les bras, longs et maigres, auxquels s'adaptaient des mains dont les doigts étaient réunis au moyen de membranes; la tête, toute ronde, velue comme le reste du corps, reposait sur les épaules même; deux yeux glauques, sans lueur d'intelligence, s'ouvraient dans la face bestiale que fendait transversalement une bouche large, garnie de dents fort aiguës.
De chaque côte de la tête, à la place qu'eussent dû occuper les oreilles, une membrane mobile s'entr'ouvrait fréquemment, semblable à des ouïes de poissons.
—Des axolotes, dit Fricoulet en considérant avec une scrupuleuse attention plusieurs de ces monstres qui causaient avec Brahmès.
Celui-ci les écoutait avec une surprise croissante; enfin il se tourna vers Ossipoff et lui dit rapidement quelques mots.
Aussitôt le vieillard se troubla et, s'adressant à ses compagnons:
—On vient d'annoncer à Brahmès qu'un individu, en tous points semblable à nous, avait été recueilli par un bateau et amené ici.
—Sharp! s'écria Gontran tout tremblant, c'est Sharp!
—À moins que ce ne soit Farenheit, ajouta Fricoulet.
—Oh! monsieur Ossipoff, poursuivit M. de Flammermont en saisissant le vieillard par le bras, je vous en supplie, ne tardons pas, courons...