Brahmès s'offrit très obligeamment au vieux savant pour l'accompagner dans ses recherches, et prenant comme guide un des êtres étranges qui lui avaient annoncé la nouvelle, il laissa ses compagnons veiller seuls au déchargement du bateau.

Tout en marchant, il donnait à Ossipoff, qui les transmettait à ses amis, des explications sur les habitants de cet étrange pays sous-marin.

Bien qu'ils fussent d'une nature et d'une intelligence inférieure à celles des autres peuples de Vénus, on ne craignait pas de faire le commerce avec eux, car leur sol possédait des richesses minérales de toutes sortes; leur étrange conformation leur permettait de vivre et de respirer dans l'eau au moyen de branchies, tout comme les poissons; mais ils pouvaient également vivre à la surface de la planète, et Brahmès apprit même aux Terriens que certains peuples venaient recruter leurs esclaves parmi ces tribus aquatiques.

Les maisons ressemblaient, pour la forme, à d'immenses ruches d'abeilles; elles étaient, comme celles-ci, percées à leur partie inférieure, d'un trou qui servait d'entrée et de sortie aux habitants.

—Sans doute, expliqua Fricoulet à Gontran qui s'étonnait, ils procèdent à la façon des argyronètes[2] sur Terre; ils se laissent emporter jusqu'à la surface de la mer par leur légèreté spécifique; là, ils font leur provision d'air et redescendent, en nageant, jusqu'à leurs habitations.

—Mais, dit Gontran, une chose que je ne m'explique pas bien, que je ne m'explique même pas du tout, c'est l'absence totale d'eau dans cette partie de l'océan.

—C'est tout simplement parce que cette anfractuosité de rochers est remplie d'air que l'eau n'y peut pénétrer, répliqua l'ingénieur.

L'axolote s'était arrêté devant une habitation dans laquelle il pénétra en rampant.

Bientôt les Terriens entendirent, dans l'intérieur, comme un bruit de lutte accompagné de jurons énergiques et une voix s'écria, en anglais: