Sur la tête, une sorte de tiare, du même métal que celui dont étaient ornés les oreillers, semblait faire planer, au-dessus du Vénusien, un astre resplendissant.
Du reste, le trône, le personnage lui-même, étaient inondés d'une lumière éblouissante qui donnait véritablement l'impression d'une divinité.
Tout autour, la salle était sombre, pleine d'une ombre mystérieuse dans laquelle on entendait un bourdonnement de respirations contenues; les yeux d'Ossipoff, s'habituant peu à peu à l'obscurité, découvrirent bientôt, rangés en cercle, figés dans une immobilité de statue, des corps agenouillés sur le sol, dans une attitude prosternée, le front touchant les dalles, entre les deux coudes appuyés, les avant-bras relevés, dressant au-dessus de la nuque les mains ouvertes en forme de coupes.
Sur ces mains, une sorte de brasier était posé dans lequel brûlait, avec des flammes dorées, un foyer ardent dont toute la lueur était concentrée par des miroirs réflecteurs en bronze poli, sur le trône et sur la quasi-divinité qu'il supportait.
Au-dessus du trône, dans un récipient immense, des flammes blanches et crépitantes étincelaient, et, renvoyées de miroirs en miroirs, venaient, elles aussi, converger sur le trône, resplendissant comme un astre au milieu de la nuit sombre.
Longuement, la statue ainsi irradiée, fixa Ossipoff et ses compagnons qui, instinctivement, s'étaient découverts; puis, sans un geste, sans un mouvement, elle fit entendre un petit clappement de langue. Aussitôt, tous les corps prosternés sortirent de leur immobilité, et, glissant sans bruit sur les dalles de bronze, se retirèrent à reculons et disparurent, fondus dans l'ombre, ainsi que disparaissent les génies dans les féeries.
Alors, la statue leva la main; à ce signe, un Vénusien agenouillé auprès du trône, se redressa et, à demi-courbé, s'en vint, à reculons également trouver les Terriens: c'était Brahmès.
—Le roi, fit-il à Ossipoff, consent à vous donner audience; approchez, il est déjà, par moi, au courant de vos aventures... expliquez-lui ce que vous désirez.
—Tu m'as dit, répondit le vieillard, que l'on avait transporté ici une chose étrange trouvée, il y a quelques jours, dans l'un des Océans de ton monde... Je voudrais savoir ce que sont devenus les êtres qui y étaient contenus?