Et frappant amicalement sur l'épaule de M. de Flammermont, il ajouta:
—Donc, ne perdons pas courage et cherchons par quels moyens on pourrait rattraper ce monsieur.
—Le rattraper! murmura Gontran avec découragement, savons-nous seulement quel chemin il a pris?
—Il ne peut en avoir pris qu'un: celui-là que nous-mêmes nous nous proposions de suivre.
—Il faudrait être certain!
—Certain! s'exclama l'ingénieur, mais cela ne peut faire l'ombre d'un doute, car étant donné le moyen de locomotion qu'il nous a volé, il est obligé de marcher toujours sur le Soleil: nul doute que Mercure ne soit la prochaine station visée par lui.
—Or, poursuivit Ossipoff, qui reprenait courage en même temps que lui revenait un peu d'espoir, Mercure ayant passé à son aphélie, il y a cinq jours, la planète arrivera dans cinq jours, à sa plus courte distance de Vénus, c'est-à-dire à dix millions de lieues; ces dix millions de lieues, Sharp mettra environ dix-sept jours à les parcourir.
—Oh! bougonna Farenheit, que nous importe la rapidité avec laquelle il nous fuit, du moment que nous n'avons aucun moyen de le suivre.
—Voilà qui ne manque pas de logique, pensa Fricoulet.
Mais, haussant les épaules, il se tourna vers Gontran et lui dit: