Les Terriens ne purent retenir un cri de surprise et de joie: étincelant, dans l'ombre, c'était leur sphère qui venait de leur apparaître.

Oubliant la présence de Sa Majesté vénusienne, Fricoulet se livra à un entrechat désordonné; quant à l'Américain, il agita en l'air sa casquette de voyage, en répétant par trois fois, d'une voix sonore:

—Hurrah!... hurrah!... hurrah!...

Pendant ce temps, Ossipoff et Gontran tombaient aux bras l'un de l'autre et se donnaient une accolade émue.

Enfin, chacun ayant, à sa façon, manifesté sa joie, Ossipoff pria le Vénusien d'exposer au roi quelles étaient les intentions de ses compagnons.

—En quittant Wourch, la belle planète double que vous admirez d'ici pendant les nuits claires, dit-il, nous pensions pouvoir rejoindre dans votre monde le voyageur que vous avez vu, il y a quelques jours, et qui dites-vous, est parti déjà... nous vous demandons en conséquence, de nous mettre à même de continuer notre voyage, en nous permettant d'utiliser votre réflecteur...

Par l'organe de l'interprète, le roi répondit fort gracieusement qu'il se mettait à l'entière disposition des hardis explorateurs; mais que l'émigration commençait dès le lendemain, qu'en conséquence les Terriens devaient remettre à deux mois l'exécution de leur projet.

Ossipoff, en entendant cette réponse, poussa un sourd gémissement; quant à Gontran, frappant du pied, il demanda ce que signifiait cette plaisanterie.

Brahmès, auquel fut traduite l'observation du jeune comte, répondit: