Et sa main cherchait son revolver.

—Mes amis, dit alors d'une voix suppliante Ossipoff, en tournant vers eux sa face angoissée, mes amis, me pardonnez-vous de vous avoir entraînés à votre perte?

Les yeux pleins de larmes, les traits convulsés, les cheveux en désordre, le vieillard offrait l'image du désespoir le plus profond.

Sans prononcer une parole, Gontran et l'Américain lui tendirent la main.

—Et vous, monsieur Fricoulet, dit le vieux savant, me pardonnez-vous?

Comme il achevait ces mots, l'ingénieur sauta sur ses pieds et s'écria d'une voix vibrante:

—Je vous pardonne d'autant plus volontiers que vous n'avez rien à vous faire pardonner, par la raison toute simple que ce n'est pas à notre perte que vous nous avez entraînés, mais bien à notre but!...

Ossipoff regarda Gontran en hochant la tête.

—Le pauvre garçon est fou! murmura-t-il.

—Pas si fou que cela, monsieur Ossipoff, pas si fou que cela; pendant que vous vous désespériez, moi j'ai travaillé et j'ai trouvé que notre vitesse, actuellement de vingt mille mètres par seconde, va toujours en augmentant.