—C'est l'effet de la chaleur torride qu'il fait ici.

—Alors, tu n'as aucun espoir? c'est la fin...

L'ingénieur tressauta.

—Est-ce que tu es fou?... s'écria-t-il... pourquoi la fin?... bien qu'il y ait quatre vingt-dix-neuf chances sur cent pour que nous nous brisions, il y a cependant, dans une aventure telle que celle à laquelle nous sommes mêlés, une part d'inconnu dans laquelle on peut mettre son espoir, c'est ce que je fais, et je t'engage à m'imiter!

Gontran secoua la tête; la part d'inconnu à laquelle se raccrochait Fricoulet ne lui inspirait qu'une médiocre confiance.

—Quand nous sommes tombés sur la Lune, dit-il, les ressorts du wagon ont atténué le choc; quand nous avons abordé sur Vénus, c'était en parachute et puis, faire un plongeon dans l'Océan est toujours moins dangereux que d'atterrir sur le sol même... mais, dans les conditions où nous nous trouvons, nous n'avons, dans notre jeu, aucun atout sauveur.

—Tu oublies la façon dont l'aéroplane a atterri sur le mont Boron, riposta Fricoulet; nous sommes, ce jour-là, de même qu'en ce moment, tombés de l'espace, comme une pierre.

—Avec cette différence que nous tombions de quelques cents mètres, tandis qu'aujourd'hui nous tombons de quelques centaines de mille lieues!

Fricoulet sourit.

—Heureusement que, pour contre-balancer cette différence énorme, nous avons, en notre faveur, la pesanteur moitié moindre, à la surface de Mercure, de ce qu'elle est à la surface de la Terre.