Muets de stupeur, cramponnés aux liens qui les attachaient à la sphère, les voyageurs tenaient leurs regards rivés sur ce monde qui les attirait avec une irrésistible force, se demandant angoisseusement si le moment où un point de contact s'établirait, ne serait pas aussi le moment de la mort.

Ils tombaient... ils tombaient...

Soudain, un choc épouvantable se produisit, accompagné d'un fracas formidable; on eut dit que le véhicule se disloquait de toutes parts, se réduisant en miettes.

Les quatre Terriens poussèrent un cri de terreur.

—Mercure!... cria plaisamment Fricoulet, tout le monde descend!

Il n'avait pas achevé, qu'un nouveau choc, moins violent cependant, faillit briser leurs attaches: puis, aussitôt, coup sur coup, un troisième, un quatrième... et bientôt, tournoyant sur elle-même dans une trépidation folle, la sphère se mit à dévaler, entraînant les voyageurs la tête tantôt en haut, tantôt en bas, aveuglés par une poussière épaisse, assourdis par le bruit de tonnerre que faisait le métal en roulant sur le sol, ahuris de se sentir emportés dans ce tourbillon inexplicable pour eux.

Ce qui se passait était cependant bien simple; la sphère avait, dans sa chute, rencontré à mi-côte, une des montagnes élevées de Mercure; la violence même de son choc l'avait fait rebondir, semblable à un ballon, à quelque cinquante mètres de haut, puis elle était retombée plus loin, avait rebondi de nouveau, jusqu'au moment où, épuisant ses forces par des bonds successifs, elle s'était mise à rouler sur le flanc même de la montagne, renversant les arbres, écornant les rochers, traversant ravins et cours d'eau, comme une avalanche. En moins de dix minutes, elle arriva dans la plaine, après une course de huit kilomètres; alors elle s'arrêta.

—Ouf! soupira Fricoulet, j'ai cru que cela n'en finirait jamais.

Par prudence, il attendit quelques secondes.