—Cependant, ajouta-t-il, cette fois-ci je crois que nous sommes arrivés... qu'en pensez vous?

À cette question personne ne répondit.

—Fichtre! grommela-t-il, ils n'ont pas la tête solide, les amis; pourvu que nous n'en ayons pas perdu un ou deux pendant le voyage!

Rapidement, il se débarrassa du filin qui le reliait au pivot métallique, fouilla dans sa poche, en sortit son petit bougeoir de magnésium qui répandit aussitôt dans la sphère une lumière éclatante.

Ses trois compagnons étaient bien là; il poussa un soupir de soulagement.

Mais presqu'aussitôt il éclata de rire en les voyant; affaissés sur eux-mêmes, la tête penchée sur la poitrine, les bras pendants le long du corps, les jambes molles, le buste plié en deux, ils ressemblaient, à s'y méprendre, à ces marionnettes que l'on fait manœuvrer dans les «Guignols» des Champs-Élysées, pour la plus grande joie des enfants et des militaires. Coupez les ficelles qui font mouvoir les membres des susdites marionnettes, et vous aurez une idée à peu près exacte de l'aspect des malheureux Terriens...

—Le fait est, murmura l'ingénieur, qu'il faut avoir le cœur bigrement solide dans la poitrine, pour résister à une si singulière façon de voyager.

Tout en parlant, il déliait, l'un après l'autre, ses compagnons et les étendait sur le plancher circulaire.

Après quoi, il s'élança au dehors pour reconnaître le pays.