La nuit était venue et autour du jeune homme tout était sombre et silencieux; il lui sembla cependant percevoir, non loin, un murmure confus assez semblable à celui que produisent les eaux d'un ruisseau courant sur les cailloux.
Comme il demeurait immobile, ne sachant vers quel point il devait diriger ses pas, tout à coup, dans le ciel pur tout étincelant de mille étoiles, un astre apparut, brillant d'un incomparable éclat au milieu des feux nocturnes éclairant l'espace et dont la lueur, douce et indécise, glissa jusqu'à Fricoulet.
En même temps, le paysage d'alentour, sortant de l'ombre, se dessina presque nettement, bien qu'estompé dans les vapeurs du soir.
—Merci, Vénus, dit plaisamment l'ingénieur en inclinant la tête vers l'astre radieux.
Promenant alors ses regards autour de lui, il constata qu'il se trouvait au pied même d'une montagne fort élevée, sur la lisière d'une forêt dont les arbres avaient arrêté la sphère; non loin de là, serpentant sur le flanc de la montagne, un ruisselet chantonnait d'une voix cristalline, reflétant dans ses eaux la lumière discrète de Vénus.
Saisir dans la sphère le premier récipient qui lui tomba sous la main, courir au ruisseau, y remplir le récipient et revenir en jeter le contenu au visage de ses compagnons, tout cela, Fricoulet le fit en cinq minutes.
Mais à peine le liquide eut-il touché leur peau, que Mickhaïl Ossipoff et ses deux compagnons d'infortune se mirent à pousser des cris horribles.
—Au feu!... Au feu!... hurla Farenheit en se redressant d'un bond.
Puis, apercevant Fricoulet qui, debout à l'entrée de la sphère contemplait ses amis d'un air tout ahuri:
—By God! gronda-t-il, quelle est cette mauvaise plaisanterie?