—Gontran! Gontran! cria Fricoulet, que fais-tu donc?

—Je le tiens... je le tiens... répliqua le jeune comte, en brandissant, à bout de bras, un objet que l'obscurité ne permettait pas de distinguer, mais qui paraissait s'agiter violemment.

En même temps, des cris perçants, désespérés, se firent entendre, troublant le majestueux silence de la nuit, éveillant au fond de la forêt immense des échos mystérieux.

Cependant, Gontran avait touché le sol, et, prestement, s'en revenait auprès de ses compagnons.

—Voilà, dit-il en riant, de quoi nous restaurer succulemment.

Et il brandit triomphalement, au bout de son poing, un animal étrange, ayant avec l'oiseau une certaine ressemblance, en ce sens qu'il était pourvu d'ailes membraneuses comme les chauves-souris, la tête, qu'un seul œil éclairait, placé juste au milieu du front, était munie d'un long tube corné, s'évasant, à son extrémité, comme un pavillon de cor de chasse. Point de pattes, mais les ailes garnies de sortes de griffes en forme de crochets, dont l'animal devait certainement se servir pour se suspendre aux arbres, au moment du repos.

Les Terriens, Fricoulet surtout, considéraient avec un intérêt mêlé de stupéfaction cet être bizarre.

—Et vous croyez que cela est bon à manger? demanda Farenheit, aux yeux duquel ce volatile n'était intéressant que par l'adaptation culinaire que l'on en pouvait faire.

—Ma foi! vous me posez là une question à laquelle je ne puis pas plus répondre que vous,... cependant, comme rien, dans la nature, n'a été créé sans but, peut-être est-il permis de penser que cet animal est comestible... donc, si le cœur vous en dit...