—Pourquoi pas? exclama-t-il, j'entends du gaz liquide; c'est très simple, puisque nous avons de l'alcool et de la térébenthine.

Et pendant qu'il faisait le mélange dans un flacon de verre ordinaire, Fricoulet fabriquait, à l'aide d'une bande de coton, une mèche qui, plongée dans le liquide et allumée, s'enflamma aussitôt, répandant une lueur éclatante.

Gontran était stupéfait.

—Oh! ces hommes de science! pensa-t-il.

Mais déjà Ossipoff était passé à une autre occupation, et tout en rangeant ses instruments, il disait:

—Il ne faut pas nous en tenir à l'air; car l'eau doit également concourir à notre nutrition; vous avez été, tout comme moi, à même de remarquer que l'eau lunaire a un goût tout différent de l'eau des fleuves et mers terrestres... J'ai idée que l'analyse nous y fera découvrir quelque élément dont nous pourrons tirer parti... cette analyse, je vous propose de la faire par la pile électrique, laquelle nous donnera le rapport du volume des gaz, et ensuite, par l'évaporation qui laissera des résidus dont il nous sera facile de connaître la nature; hein! approuvez-vous cette manière de faire?

Gontran, auquel cette question était plus spécialement posée, hocha la tête d'un air entendu.

—Assurément, répondit-il; cette marche me paraît être celle qu'il faudrait suivre, si...

—Si?...