—Le bâton de phosphore que tu vois reluire dans l'ombre, répondit l'ingénieur à voix basse, absorbe l'oxygène de l'air ambiant et se combine avec lui; tout à l'heure, quand le phosphore ne sera plus entouré de fumées blanches et qu'il aura perdu tout son rayonnement, Ossipoff retirera l'éprouvette et, comme elle est graduée, il n'aura qu'à ramener le nouveau volume de gaz à la pression initiale, pour constater qu'une certaine partie en a disparu, absorbée par le phosphore.
—C'est l'oxygène, n'est-ce pas? fit Gontran.
—En effet; et le gaz, demeurant dans l'éprouvette, devra être de l'azote...
—À moins cependant que l'atmosphère lunaire soit autrement composée que l'atmosphère terrestre, ainsi que je l'ai entendu dire à plusieurs reprises par M. Ossipoff.
À ce moment, le vieillard poussa un cri et, désignant la bougie de Fricoulet:
—Nous allons nous trouver dans l'obscurité, fit-il.
La mèche, en effet, se carbonisait et ne jetait plus que des lueurs vacillantes.
—Ah! si l'on pouvait faire du gaz, soupira Gontran.
Ossipoff frappa ses mains l'une contre l'autre: