—Une comète! une comète! s'écria-t-il.
Tout le monde, même Séléna, vint le rejoindre.
Le vieux savant arracha, des mains de l'ingénieur, l'instrument qu'il dirigea vers l'astre et demeura longtemps en contemplation.
Enfin, il murmura:
—En effet, c'est une comète.
Puis aussitôt, jetant un regard circulaire sur le paysage:
—Si vous m'en croyez, dit-il, nous nous établirons provisoirement au sommet de cette petite colline que vous voyez là-bas; nous y serons admirablement bien pour nous livrer à nos observations astronomiques; en même temps, au point de vue hygiénique, nous aurons moins à souffrir du rayonnement.
En raison du peu de pesanteur à la surface de la planète, les quatre Terriens eurent tôt fait de rouler la sphère jusqu'à l'endroit indiqué par le vieux savant; c'était une petite éminence boisée, élevée d'une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau du sol, et descendant, en pente douce, jusqu'au ruisseau où sir Jonathan avait pris, l'avant-veille, un bain de pieds si malencontreux.
Quand il s'éveilla, le lendemain matin, le premier soin d'Ossipoff fut de gravir l'escalier intérieur qui conduisait au sommet de la sphère où il avait installé des instruments d'optique.
Aux cris qu'il poussa, ses compagnons le rejoignirent et aperçurent, avançant vers le Soleil avec une rapidité vertigineuse, le météore de la veille qui étalait, en travers du ciel, une queue immense.