—Je n'y comprends rien.

En ce moment, des cris éclatèrent du côté du campement et les deux jeunes gens, croyant à un accident, se hâtèrent de rejoindre leurs compagnons.

Ceux-ci, réveillés, étaient debout, gesticulant comme des fous, et parlant avec une rapidité extrême.

—Je vous dis, hurlait Farenheit, que c'est une mauvaise plaisanterie; or, comme nous ne sommes pas à l'époque du carnaval, je n'admets pas qu'on abuse de mon sommeil pour me ridiculiser ainsi.

—Mais vous êtes dans l'erreur, mon cher sir Jonathan; comment voulez-vous admettre que M. de Flammermont, un homme sérieux, un homme si bien élevé, se soit permis... ah! pour ce qui est du petit Fricoulet, celui-là, je croirais volontiers...

—Mais non, papa, disait à son tour Séléna, M. Gontran n'eût certainement pas permis que M. Fricoulet me barbouillât de la sorte.

—Alors! quoi! quoi!... rugit l'Américain, en mettant le revolver au poing... je ne puis cependant pas supporter qu'on humilie en moi le pavillon étoilé des États-Unis!...

Un éclat de rire moqueur retentissant derrière lui, fit retourner Farenheit qui se trouva face à face avec l'ingénieur.

By God! s'exclama-t-il, vous aussi!

—Mais oui, moi aussi; comme vous, comme Gontran, comme les arbres, comme le ruisseau même...