—Qu'avez-vous donc? demanda Gontran, et pourquoi cette émotion?
L'Américain se retourna vers le jeune homme.
—Figurez-vous, répondit-il, qu'il vient de m'arriver une chose singulière; tenez, la même à peu près que celle qui nous est survenue avant hier au sujet de l'eau et des arbres, dans le désert.
—Un mirage! s'écrièrent les Terriens.
—Oui, un mirage... il m'a semblé voir briller tout à coup, au sommet de cette colline, comme un immense bûcher... une espèce de phare qui projetait jusqu'à moi ses rayons lumineux... alors, j'ai cru que quelque danger vous menaçait... c'est pourquoi je suis accouru.
M. de Flammermont prit dans sa poche une allumette et, la tendant à l'Américain:
—Le bûcher, le phare, dit-il, le voici.
Sir Jonathan frappa du pied avec colère.
—Allons, grommela-t-il, voilà les sottes plaisanteries qui recommencent; j'aime autant m'en aller... d'autant plus que j'ai vu là-bas des choses assez singulières...
Il n'avait pas fini ces mots qu'il se trouva entouré.