—Des choses singulières, répéta Mickhaïl Ossipoff d'un ton fort bizarre, et lesquelles donc?

—D'abord, le pays a, depuis hier, complètement changé; la forêt, sur la lisière de laquelle notre sphère s'était arrêtée et que nous avons dû traverser avant de pénétrer dans cet effroyable désert où nous avons pensé laisser nos os, la forêt n'existe plus.

—N'existe plus! s'écria Gontran... ah çà! sir Jonathan, vous vous moquez de nous!

Et il étendait la main vers les arbres qui dressaient, en bas de la colline, leurs cimes feuillues.

Fricoulet regarda Ossipoff en mettant, d'un geste significatif, son doigt sur son front et en désignant l'Américain d'un hochement de tête imperceptible.

—Mon pauvre Farenheit, dit le vieillard, vous avez été victime d'un mirage, car d'ici vous voyez bien les arbres tout comme nous les voyons nous-mêmes!

—Oui, je les vois et, en bas, je les ai vus de même, mais, c'est à peine si cette forêt qui, hier encore, avait plusieurs lieues d'étendue, mesure aujourd'hui quelques mètres de profondeur!

—Ah! bah! et qu'y a-t-il maintenant à la place des arbres?

—Un pays étrange, tout nouveau, avec des montagnes de diamant!