Sans demander d'explication, Ossipoff prit M. de Flammermont sur son dos, et, aussi rapidement que possible, suivit l'ingénieur qui courait devant lui.
En quelques enjambées, on eut atteint le sommet de la colline, la, on étendit les deux malades côte à côte, et Fricoulet collant sa bouche à la leur, se mit à leur insuffler l'air de ses propres poumons, ainsi que cela se pratique pour les noyés.
—Mais pourquoi les avoir transportés ici? murmura Séléna qui épiait, avec anxiété, les résultats de ce sauvetage.
—Parce que l'air que nous respirons étant composé d'oxygène pur, la médication que j'emploie doit être plus énergique.
Comme il achevait ces mots, l'Américain se redressa sur son séant, saluant, par un formidable éternuement, son retour à la vie; on eût dit que Gontran n'attendait que ce signal pour sortir de sa torpeur et, comme un écho fidèle, son éternuement répondit à celui de l'Américain.
—Brrr! fit celui-ci en se secouant les membres, quelle désagréable sensation.
—Moi, dit à son tour M. de Flammermont, je n'ai rien senti, ça a été comme un coup de massue que l'on m'eût asséné sur la nuque.
—Certainement, affirma Ossipoff, il règne à la surface de ce sol une couche de gaz irrespirables: ammoniaque, acide carbonique, ou autre de même nature... Qu'est-ce que cela peut bien signifier?
Et Fricoulet dit à son tour:
—Acide carbonique dans le bas,... oxygène pur dans le haut, c'est inexplicable.