—À moins, répondit Gontran qui en revenait à ses moutons, à moins que vous n'adoptiez mon idée de l'influence de la comète.
—Eh! riposta Fricoulet, la comète, la comète! c'est fort joli à dire, cependant tu conviendras que si elle avait dû exercer sur Mercure une influence quelconque, c'est lorsqu'elle se trouvait à proximité, tandis que, maintenant, on ne la voit même plus.
—En effet, continua Ossipoff, ce que dit M. Fricoulet me paraît logique, j'ai eu beau fouiller le ciel dans tous les sens, nulle part je n'ai trouvé trace de comète... elle est donc, à présent, à une telle distance que l'on ne peut admettre son influence.
Un éclat de rire formidable éclata—cette explosion d'hilarité était due à Farenheit.
—Vous me rappelez, dit-il, l'histoire d'un paysan fort distrait qui cherchait son âne, alors qu'il était perché dessus,... vous cherchez la comète dans le ciel, et c'est elle qui vous porte.
Il regardait, d'un air triomphant, les Terriens qui le considéraient complètement ahuris.
—Alors, suivant vous, balbutia Ossipoff, nous ne serions plus sur la planète Mercure?...
—Dame! dit Fricoulet après avoir réfléchi, il faut bien admettre que nous sommes sur un autre monde, puisque le pays tout entier a changé!
Soudain, il se frappa le front.