À ces comestibles de poil et de plume si l'on ajoute certaines plantes que Séléna avait eu l'idée de faire cuire et d'assaisonner avec la graisse des premiers, on connaîtra, aussi bien que nos voyageurs eux-mêmes, le contenu de leur garde-manger.

Ce travail terminé, on en communiqua les résultats à Ossipoff, dont le visage s'assombrit.

—Hum! murmura-t-il; nous avons là de quoi manger à peine pendant six mois... et encore en ne faisant pas bombance.

Le nez de Farenheit, à ces mots, s'allongea démesurément.

By God! grommela-t-il, combien de temps pensez-vous donc que nous allons demeurer ici?

Le savant secoua la tête pensivement.

—Eh! eh! fit-il, peut-être bien six ans, si mes calculs sont exacts.

Une exclamation unanime accueillit ces mots.

—Six ans! répéta Gontran effaré, vous n'y pensez pas, mon cher monsieur Ossipoff.

—J'y pense fort bien, au contraire, répliqua le vieillard en se frottant les mains d'un air satisfait.