—Mais, mon cher monsieur Ossipoff... balbutia le jeune homme.

—Pour vivre heureux en famille, répliqua Ossipoff en secouant la tête, il faut être unis, il faut avoir une similitude parfaite d'opinions et d'idées; jusqu'à présent, j'avais pu croire qu'il en serait ainsi entre nous; je m'aperçois, avec douleur, que je me suis trompé. À partir d'aujourd'hui, il y a entre nous un abîme.

Et, sur ces mots prononcés avec une dignité douloureuse, le vieillard tourna les talons et descendant la colline, s'en fut cacher son humeur chagrine sous les grands arbres de la forêt.

Un moment, Gontran et Séléna demeurèrent immobiles, se considérant avec stupeur, se demandant s'il fallait voir, dans les paroles d'Ossipoff, une rupture définitive de leurs beaux projets d'union.

—Gontran! murmura tristement la jeune fille.

—Séléna! répondit-il en lui prenant les mains.

Puis, brusquement:

—Eh! s'écria-t-il, au diable Vulcain et ceux qui l'ont inventé! ne pleurez pas, ma chère âme, je cours trouver votre père, faire amende honorable.

—Oh! Gontran, dit-elle, en enveloppant son fiancé d'un regard admiratif, vous feriez le sacrifice de vos opinions?