Ossipoff haussa les épaules en enveloppant l'Américain d'un regard dédaigneux et, se tournant vers Gontran:

—M. Fricoulet oublie de vous dire que le monde scientifique, ému plus que de raison par cette déclaration, se mit en observation et constata que les deux fameuses planètes intermercurielles n'étaient autres que les deux étoiles Thêta et Zêta du Cancer.

Il se tut un moment pour donner à sa déclaration le temps de produire son effet et ajouta:

—Maintenant, sir Jonathan, libre à vous de crier Hurrah! pour vos astronomes américains.

Mais le Yankee, aussi bien par entêtement que par amour-propre national, répliqua:

—Ils ont bien découvert la comète qui nous porte, pourquoi Vulcain, découvert par eux, n'existerait-il pas?

À un semblable raisonnement, le vieillard comprit qu'il n'y avait rien à répondre; d'ailleurs, Gontran, dans la mémoire duquel venait de luire soudain un argument nouveau, tiré des Continents célestes, demanda:

—Et l'orbite calculée par l'astronome allemand Oppolzer?...

—Cette orbite a eu le même sort que les précédentes, elle aussi a été reconnue fausse. Vous voyez, M. de Flammermont, de quelle valeur sont les arguments sur lesquels vous basez votre opinion... quant à moi, je ne vous cacherai pas que je vois avec le plus grand déplaisir, ce désaccord entre nous.