Quelle chaleur terrible, épouvantable!... ma peau, desséchée, se soulève et s'écaille, mes poumons, épuisés par cet air de feu que je respire, fonctionnent douloureusement avec un sifflement qui m'épouvante; il me semble, quand ma poitrine se soulève, que tous mes os craquent...

Que va-t-il advenir?

Je le sens, c'est une mort certaine à laquelle je cours... encore quelques centaines de mille kilomètres et je tomberai, étouffé.

Faut-il revenir en arrière, ou tout au moins contourner l'astre central pour me lancer dans l'infini? rien n'est plus simple; j'ai là, à portée de ma main, les cordelettes qui guident le jeu de l'anneau dont l'obus est entouré; d'un seul mouvement, à peine perceptible, je puis me détourner de mon chemin!

Non, la curiosité m'entraîne, le monde merveilleux et inconnu m'attire... plus près!... encore plus près!

Jeudi, 2 avril.—C'est décidé, je marche de l'avant! ce point bien établi, et l'esprit à peu près dégagé de la pensée de Séléna, je reprends mes études sur le soleil... les taches que j'ai observées à la surface du disque, dès mon départ de Mercure, ont changé de place...

Je constate l'exactitude du rapprochement fait par un astronome français entre la pesanteur terrestre qui varie d'intensité de l'équateur aux pôles et la rotation des taches solaires dont la vitesse est proportionnelle à la latitude.

Il m'a suffi, pour arriver à cette certitude, de suivre, pendant toute cette journée, dans leur marche sur le disque du soleil, trois taches situées, l'une à l'Équateur, l'autre au 15° de latitude, et l'autre au 38° degré de latitude: la première me donne, pour l'évolution complète autour de l'astre, une période de 24 jours et demi; la seconde une période de 25 jours et deux heures; la troisième une période de 27 jours.