L'ex-secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences de Pétersbourg fit une grimace qui ressemblait à un sourire et, après avoir balbutié, en guise de remerciements, quelques paroles inintelligibles, il retomba dans une rêverie sombre.

Farenheit avait écouté, immobile et silencieux, la lecture faite à haute voix par Ossipoff.

Il semblait que le récit des transes épouvantables par lesquelles avait passé son ennemi, n'eût en rien affaibli la haine qu'il lui avait vouée.

Les yeux fixés à terre, étirant avec rage sa grande barbe, mordillant nerveusement ses lèvres, indice, chez lui, d'une irritation à grand peine contenue, il demeura dans cette posture durant de longs moments, indifférent aussi bien à la causerie amicale de Gontran et de Séléna qu'aux moqueries railleuses de Fricoulet.

Soudain, comme prenant une détermination subite, il se redressa, s'approcha de M. de Flammermont et lui touchant l'épaule du bout de son doigt osseux:

—Cher monsieur, dit-il, je désirerais vous parler.

—Je vous écoute, sir Jonathan.

L'Américain secoua la tête.

—C'est en particulier que doit avoir lieu notre entretien.