Gontran se leva, passa son bras sous celui de l'Américain, et descendant avec lui la colline, s'arrêta sous les premiers arbres de la forêt mercurienne.

—Voyons, dit-il, de quoi s'agit-il?

—Je voudrais vous demander un grand service!

—Je suis tout à votre disposition et, si cela est en mon pouvoir, considérez le service demandé comme déjà rendu.

Ces paroles valurent au jeune homme une de ces poignées de main dont les habitants du Nouveau-Monde sont coutumiers, et qui manqua de lui désarticuler l'épaule.

—Voici ce dont il s'agit, dit Farenheit; par suite de la priorité que M. Ossipoff prétend avoir sur moi, je suis obligé de renoncer à ma vengeance sur ce misérable Sharp... d'un autre côté, la vie en commun avec ce gredin qui m'a ruiné et qui a tenté de m'assassiner est impossible...

—Cependant, mon pauvre sir Jonathan, que voulez-vous faire?

—Ce que je veux faire, grommela le Yankee... je veux m'en aller.

Gontran ouvrit des yeux démesurés.

—Serait-il devenu fou? songea-t-il.