—Quel est-il? demandèrent-ils simultanément.

—Un ballon.

Un double cri de surprise répondit à ces deux mots.

—Vous n'y pensez pas, dit aussitôt l'Américain; partir d'ici en ballon!... Franchir, en ballon, deux millions de lieues à travers l'espace, c'est insensé!

L'ingénieur les considérait tous les deux avec calme.

—Pourquoi, insensé! répliqua-t-il; comme je vous l'ai dit tout à l'heure, la queue de la comète qui nous porte va, à un moment donné, s'étendre jusqu'à la Terre... une fois dans l'atmosphère terrestre, il nous suffira d'ouvrir la soupape pour mettre le pied sur notre planète natale.

Gontran, bouche bée et les yeux écarquillés, écoutait parler son ami, croyant à une mystification.

—Mais, dit-il après un instant de réflexion, en admettant que la route dont tu nous parles à travers l'espace nous soit ouverte... c'est le ballon qui nous manque.

—Et notre sphère de sélénium, la comptes-tu pour rien?