Sharp poussa une sorte de grognement qui pouvait, à la grande rigueur, passer pour un acquiescement.
—Quant à l'origine des masses d'hydrogène ainsi projetées, reprit Ossipoff, je ne puis admettre qu'elles proviennent du Soleil lui-même, comme vous l'affirmiez tout à l'heure.
—Et la raison, s'il vous plaît?
—Les raisons, voulez-vous dire, elles sont au nombre de deux: la première, c'est que le volume du Soleil s'en irait diminuant, puisque le nombre des éruptions atteint, par jour, une moyenne de deux cents, la seconde, c'est que l'atmosphère ambiante s'accroîtrait indéfiniment par suite de l'adjonction de ce gaz qui y arrive de toutes parts.
—Alors, quelle est votre opinion, mon cher collègue?
—C'est que, par suite d'un phénomène que nous ne pouvons nous expliquer encore, les masses gazeuses projetées par le Soleil retombent à sa surface pour être projetées de nouveau et retomber encore.
—Et ainsi jusqu'à la consommation des siècles, repartit Fédor Sharp d'une voix railleuse.
—Ni plus ni moins que le jet d'eau du bassin des Tuileries, chuchota Gontran à l'oreille de Fricoulet.
Celui-ci le fit taire d'un coup de coude afin d'entendre la réponse de l'ex-secrétaire perpétuel: