ès le premier jour de leur réconciliation, Mickhaïl Ossipoff et Fédor Sharp avaient établi entre eux un roulement pour que, pas un instant, les phénomènes célestes ne restassent sans être observés.
Donc le surlendemain de la scène que nous venons de rapporter, Sharp, juché sur la plate-forme de l'observatoire, faisait son quart astronomique lorsque, soudain, il poussa un grand cri.
Aussitôt, tous les membres de la petite colonie, abandonnant leurs occupations, se précipitèrent vers l'escalier et, en moins de quelques minutes, entourèrent l'ex-secrétaire perpétuel.
Celui-ci, les membres agités d'un tremblement nerveux, cramponné des deux mains à la lunette, conservait l'œil collé à l'objectif, sans se soucier aucunement des questions qu'on lui adressait.
Enfin, l'empoignant à bras le corps, Fricoulet l'arracha de l'instrument en grommelant:
—Ah çà! vous moquez-vous? qu'est-ce que signifie ce cri que vous venez de pousser et qui nous a fait accourir?
—On ne dérange pas les gens pour rien! gronda l'Américain.
Sharp qui se débattait, réussit à s'échapper des mains qui le retenaient:
—Le Soleil! le Soleil! balbutia-t-il.