—Si je ne me trompe, mon cher collègue, répondit à son tour le père de Séléna, je trouve pour la première phase des phénomènes, c'est-à-dire pour cette sorte de nuée gazeuse qui s'étendait sur le nimbe solaire, 2'' de hauteur sur 3'15'' de longueur... est-ce bien cela?

—C'est bien cela, répondit l'autre d'un ton mielleux, furieux, au fond, de n'avoir pu prendre en défaut son confrère en science astronomique.

—Puis, continua Ossipoff, pour la seconde phase, j'ai cru constater que chacun des débris mesuraient 16'' de longueur sur 2 à 3'' de largeur...

Il s'arrêta, attendant une approbation de Sharp mais celui-ci demeura muet.

Alors le vieillard termina en ajoutant:

—Enfin, la plus grande hauteur à laquelle ont été, suivant moi, projetés les dits débris, est de 7'49''.

Sharp ferma son carnet de notes, en le faisant claquer bruyamment, pendant qu'Ossipoff fermait le sien sans bruit, avec un petit sourire railleur sur les lèvres.

—Messieurs, dit alors Farenheit en s'avançant vers eux, certes tous les calculs auxquels vous venez de vous livrer ont un indéniable intérêt, mais il serait, à mon avis, non moins intéressant de vous occuper des moyens à employer pour sauvegarder nos jours durant le périhélie du monde qui nous porte.

Et avant que l'un des deux savants eût pris la parole, M. de Flammermont ajouta d'un ton grave:

—Si mes calculs sont exacts, nous allons passer à 230,000 lieues seulement de l'astre central, c'est-à-dire à une distance 160 fois plus petite que celle qui le sépare de notre planète natale et notre situation sera la même que si nous avions à supporter, sur Terre, par une journée du mois d'août, la chaleur, non pas de 160 soleils, mais la chaleur de ce nombre de soleils élevé au carré, c'est-à-dire 25,600.