—Souhaitons, dit-il, que nous ayons en effet, à remonter à la surface, cela prouvera que toute la masse liquide qui doit nous protéger contre l'ardeur solaire, aura rempli son devoir jusqu'au bout et ne se sera pas évaporée.
—Et la sphère? demanda Farenheit, n'est-il pas à craindre qu'elle ne se détériore, élevée à la température du fer rouge, il lui faudra peut-être plusieurs mois pour se refroidir, comment ferons-nous alors, pour nous en servir?
—Bast! répliqua Ossipoff, du moment que nous avons l'obus!
L'Américain allait répondre que l'obus ne pouvait pas remplacer la sphère pour l'usage auquel celle-ci était destinée, mais Fricoulet lui cloua la langue d'un coup d'œil impératif.
—Dans la situation où nous nous trouvons, dit-il d'un ton indifférent, sait-on jamais si l'on n'aura pas besoin d'aucun des objets que nous avons sous la main?... nous emporterons la sphère et nous l'immergerons en même temps que nous!
Le jour même, les Terriens s'occupèrent des moyens à employer pour transporter, au bord de la nappe liquide sous laquelle ils voulaient s'enfoncer, tout ce qu'il leur importait de conserver.
En quarante-huit heures, ils eurent construit, avec des branchages, une sorte de claie sous laquelle, en guise de roues, ils adaptèrent, à l'avant et à l'arrière, deux troncs d'arbre à peine équarris.
Des crampons de fer, fixés à la claie, se recourbaient en forme de crochet pour pénétrer dans les deux extrémités de ces troncs d'arbre et former ainsi une sorte d'essieu autour duquel tournaient ces masses de bois.