La sphère, et tout ce qu'elle contenait, fut chargée sur ce chariot primitif, et les cinq hommes s'attelèrent aux cordages de sélénium transformés en traits pour la circonstance.

Séléna, à laquelle on proposa de monter sur la voiture improvisée, s'y refusa énergiquement, ne voulant pas augmenter encore la fatigue de ses amis, étant déjà assez désolée de ne pouvoir leur donner une aide quelconque.

Il fallut trois jours pleins ou plutôt trois nuits,—puisqu'on se reposait pendant que le Soleil dardait, sur la comète, ses traits de feu,—pour atteindre le but du voyage. Mais, une fois là, les choses marchèrent rapidement: en quelques heures, le transbordement du mobilier de la sphère dans l'obus fut terminé, et l'obus lui-même, traînant à sa remorque la sphère de sélénium, fut mis à l'eau et poussé au large.

Ce ne fut guère qu'à deux lieues environ du rivage que la sonde indiqua une profondeur de vingt mètres, profondeur estimée nécessaire pour mettre les Terriens à l'abri du rayonnement de la fournaise solaire.

Séléna avait navigué sur la plate-forme.

Grâce à l'ingéniosité de Fricoulet, l'embarquement se fit le plus commodément du monde.

L'ingénieur avait eu l'idée de dévisser le hublot pratiqué à la partie supérieure de l'obus et qui servait à éclairer l'espèce d'observatoire établi dans l'ogive du véhicule.

Séléna qui, ne sachant pas nager, avait navigué assise sur la plate-forme de la sphère, n'eut d'autre peine que de passer, au moyen d'une planche jetée comme un pont volant, de la plate-forme au hublot.