Au bout de quinze jours de cette réclusion subaquatique, Ossipoff et Fédor Sharp étant tombés d'accord—ce qui ne demanda pas moins de quarante-huit heures de discussion acharnée et aigre-douce—pour déclarer que la comète courait sur le chemin de son aphélie, les Terriens décidèrent de sortir de leur coquille.

Mais cette décision était plus facile à prendre qu'à mettre à exécution; car, pour sortir du véhicule, il fallait que celui-ci fût remonté à la surface, et, pour ce faire, il fallait nécessairement que son poids fût allégé.

—Si vous le voulez bien, dit Farenheit à ses compagnons, c'est moi qui vais délester l'obus... je suis bon nageur, et une cinquantaine de brasses par dessus la tête ne m'inquiètent aucunement... j'arriverai là-haut presqu'en même temps que vous.

Cette proposition fut acceptée; ainsi que l'on avait fait, lorsqu'il s'était agi de couler à pic, grâce à l'introduction de Fricoulet dans le projectile, Ossipoff et Sharp saisirent le hublot, prêts à le dévisser au signal convenu.

Quant à Farenheit, la tête enveloppée de son respirol, il se plaça juste au-dessous du hublot, les jarrets ployés pour les détendre lorsque le hublot découvrirait l'ouverture nécessaire à son passage.

Enfin, Gontran donna le signal, et le hublot, à peine ouvert, l'Américain, lancé par une contraction violente des muscles, fila comme une flèche.

Puis l'ouverture fut bouchée hermétiquement.

—Hein! s'écria Fricoulet triomphalement, pas une goutte d'eau! je pense que voilà une belle manœuvre.

Ossipoff et Sharp se regardaient étonnés.

—Trop belle, à mon avis, murmura le premier des deux savants.