—Quarante-huit heures, précisément, monsieur Ossipoff, répondit le jeune homme, après avoir réfléchi quelques instants.

—Il faudrait alors vous y mettre de suite,... car je vous le répète, le moment approche où il nous faudra partir d'ici.

Deux jours après, la sphère, remplie d'hydrogène à l'aide d'une pompe à double effet, aspirant l'air atmosphérique et le remplaçant ensuite par le gaz, se balançait, au sommet de la colline, contenue dans une sorte de résille à larges mailles formée des filins de sélénium qui rattachaient primitivement la logette au parachute; à l'extrémité de cette résille, la nacelle était fixée, pleine de pierres, pour empêcher l'appareil de s'envoler dans l'espace.

Pendant que ses compagnons s'occupaient à emménager dans l'esquif aérien tout ce qui leur fallait emporter, Ossipoff, l'œil rivé à sa lunette, sondait l'immensité céleste.

Tout à coup, un clappement de langue impatiente lui échappa, qui attira l'attention de Fricoulet.

—Qu'y a-t-il? demanda l'ingénieur.

—Il y a que Deimos n'est pas là...

—Fichtre, son papa, le professeur Hall, se serait-il donc trompé en croyant le découvrir?... après tout, il se peut parfaitement que Mars n'ait point de satellite.