—Il y avait encore ceci à quoi tu n'avais pas pensé! rugit l'Américain.
Et, avant qu'on n'eût le temps de s'y opposer, il avait ouvert son couteau et tranché, d'un seul coup, le câble qui retenait captive la sphère de sélénium.
Le ballon s'éleva rapidement dans les airs, pendant que Fédor Sharp, perdant l'équilibre, roulait comme une balle, jusqu'au bas de la colline mercurienne.
Un cri d'horreur s'était échappé de la poitrine des voyageurs; même Ossipoff se jeta sur Farenheit, les bras levés dans une attitude menaçante.
—Malheureux! exclama-t-il.
L'Américain, les bras croisés et la lèvre souriante, le toisa d'un regard railleur:
—Voilà, dit-il, ce qui s'appelle faire d'une pierre deux coups: je répare la brèche faite à ma fortune et je satisfais ma vengeance.
—Mais, misérable! hurla le vieillard, j'avais engagé ma parole que le passé était oublié.
—Preuve que vous avez une mémoire d'humeur fort commode... au surplus, vous n'y avez pas manqué, à votre parole; au besoin, je suis prêt à attester, par écrit, que moi seul ai médité et accompli cet exécrable forfait.